PRESENCE COMMUNISTE

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05 novembre 2005

Foyer Louviérois. Conférence de presse Ecolo-PC.

La Nouvelle Gazette

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1. L’échec d’un système

Les affaires qui déferlent ces dernières semaines dans les sociétés de logement social sont révélatrices de pratiques politiciennes fort anciennes qui illustrent à la fois le caractère véreux de certains mandataires mais encore l’échec d’un système faisant la part belle à la délégation de pouvoir et fi du contrôle et de la participation citoyenne.

Nous ne voulons pas sous-estimer le premier aspect : des pratiques politiciennes fort anciennes qui illustrent à la fois le caractère véreux de certains mandataires. Il est grave. Quel que soit l’ampleur du méfait, il constitue un abus de pouvoir inqualifiable. Il s’agit aussi d’un abus de confiance à l’égard des citoyens qui ne peut être toléré. Il jète l’opprobre sur l’ensemble du monde politique et contribue ainsi à alimenter la méfiance déjà manifeste de larges couches de la population à son égard. Il donne du grain à moudre à une extrême-droite à l’affût.

Nous n’entendons pas hurler avec les loups, mais nous nous méfions quand même de ceux qui se plaisent à se faire passer pour des chevaliers blancs, fussent-ils manageois. N’a-t-on pas vécu, il n’y a pas si longtemps, à Manage, la destitution d’un président de CPAS parce que ses comptes n’étaient pas des plus clairs et qu’il avait aussi la fâcheuse propension à présenter des notes de restaurants plutôt salées ? Et lorsqu’un conseiller de l’opposition, Robert Guillaume en l’occurrence, demande un rapport sur la gestion du Foyer louviérois aux mandataires manageois, pourquoi, alors que l’on veut paraître vierge de tout soupçon, n’y a-t-il jamais de réponse. Et cela depuis des années…

2. Des questions en suspens

Evoquer la responsabilité des mandataires manageois du Foyer louviérois revient à mettre en lumière une série de questions fondamentales qui jusqu’ici n’ont pas trouvé réponse.

Les premières concernent la gestion du Foyer.

Le conseil d’administration avait semble-t-il délégué une série de compétences à un comité de gestion. De qui se composait-il (on parle du président (Brynaert), du vice-président (Hoyaux), du directeur-gérant, du commissaire du gouvernement…) ? Quelle était la teneur de la délégation de pouvoir ? Quand avait-elle été attribuée ? Pourquoi (le directeur-gérant ne pouvait-il assumer seul la gestion du Foyer ?) ? Il se dit que les jetons de présence attribués à raison de 15 fois par mois –on parle même pour le président d’un forfait de mensuel de 20 jetons par mois- étaient payés par la caisse. Etait-ce déclaré au fisc ?

Ces questions, seuls les administrateurs et les membres du comité de gestion peuvent y répondre. Nous les invitons à le faire.

Eclaircir la zone d’ombre qui règne autour du comité de gestion est essentiel pour poser chacun devant ses responsabilités : ceux qui avaient été mandatés afin de gérer au mieux le Foyer au quotidien : président et vice-présidents. Ceux qui leur en avait confié la mission sans peut-être trop y regarder. Les administrateurs répètent aujourd’hui à l’envi qu’ils n’avaient pas connaissance de ce qui se tramait. Des notes que certains chefs de travaux leur adressaient pour relever des problèmes dans l’attribution des marchés public ne leur seraient pas parvenues. Si c’est le cas, c’est donc qu’il y avait rétention d’information. Où ? Au niveau du comité de gestion. Celui-là même à qui ils avaient accordé leur confiance. La démission de certains administrateurs est un geste fort qu’il faut saluer. Mais il ne devrait pas exempter les autres de réfléchir à la manière dont ils ont peut-être laissé dire ou laissé faire. La démission du président qui reconnaît « avoir fait des bêtises » était nécessaire. Mais elle ne doit pas dissimuler la participation de l’ensemble des gestionnaires dans ce système à la dérive et ne doit surtout pas les blanchir au prétexte qu’ils n’y participaient pas depuis longtemps ou qu’ils y participaient peu.

Le sujet des démissions conduit à évoque une deuxième série de questions relatives à l’éthique en politique.

S’il est évident qu’il faut laisser la justice accomplir son travail sereinement, on ne peut pour autant faire l’économie d’une analyse politique sérieuse :

Oui, M. Brynaert, premier échevin de la ville, échevin de l’Instruction, doit démissionner de ses fonctions. Lui qui a reconnu des bêtises, lui qui a démissionné de son poste de président du Foyer louviérois, ne peut décemment plus exercer des responsabilités à la Ville. Le doute ne profite pas à la démocratie, on le sait. Mais qu’ajouter quand on sait qu’un autre échevin s’est vu retirer ses attributions pour des reproches autrement moins sérieux.

Oui, le silence de la majorité socialiste dessert la démocratie. En acceptant sans broncher les propos de son échevin qui reconnaît ses erreurs mais souligne aussi qu’il est normal de tricher, les socialistes louviérois cautionnent non seulement les dysfonctionnements qui existaient mais renforcent également les discours désabusés sur la et les politiques.

Nous n’avons pas de leçon à donner au parti socialiste. Chacun reste maître chez soi. Mais nous, Ecolo et PC, ne pouvons accepter que l’on laisse passer cela sans réagir. Non, la tricherie n’est pas la norme en politique. Dès règles existent et il nous faut les respecter. L’éthique n’est pas un mot en l’air, c’est un engagement indispensable à la confiance du citoyen dans l’action politique.

3. Pour un autre modèle de gestion

Le problème posé dépasse donc amplement le cas de quelques mandataires indélicats que la justice et, espérons-le, les électeurs jugeront à bon escient. Il concerne un système politique bien ancré dans les mœurs des trois partis traditionnels ; système qu’il est urgent de changer profondément.

C’est pourquoi nous voulons insister tout particulièrement sur un autre aspect mis en évidence par cette affaire : l’échec d’un système faisant la part belle à la délégation de pouvoir et fi du contrôle et de la participation citoyenne.

La mise en évidence des « affaires » nous offre peut-être une chance d’apporter des changements radicaux dans la gestion des communes et des institutions qui en dépendent. Des conditions nous paraissent indispensables pour cela :

-         la fin des cumuls de mandats rémunérés,

-         le respect d’un authentique pluralisme politique dans les assemblées générales ET les conseils d’administration,

-         l’intervention directe des locataires par le truchement des comités ad hoc à qui il est nécessaire et urgent de garantir l’indépendance politique (en finir avec la désignation des petits copains),

-         de donner à ces comités davantage de responsabilités participatives (ils ne peuvent plus se contenter d’être des courroies de transmission du pouvoir de tutelle),

-         d’intégrer des associations actives dans le champ de la politique du logement, de la défense des locataires, des sans abris, dans des actions de proximité (la gestion des cités ne peut pas être seulement immobilière, le facteur humain y est déterminant).

Bref, il s’agit de passer des mots aux actes. A la mode fort prisée qui consiste à conjuguer « démocratie participative » à tous les temps, il importe de substituer de véritables pratiques non seulement de contrôle citoyen mais aussi de participation aux décisions. Il n’est pas impossible même de tenter des expériences de budget participatif. Imaginons : s’il s’agit de décider l’utilisation qu’il y a faire entre l’achat d’une voiture de fonction pour un fonctionnaire ou le défraiement des frais de déplacement d’un président par ailleurs échevin pourvu d’un véhicule de fonction OU procéder aux réparations urgentissimes de l’égouttage d’une maison de cité (cf. Houdeng-Aimeries), nul doute que le bon sens populaire soucieux de « bonne gouvernance » (autre terme à la mode) aura tôt fait son choix.

C’est un défi qui est lancé. Nous nous voudrions le relever. Nous nous engageons à le faire.

4. En attendant

Dans l’immédiat, c’est-à-dire dans le cadre du conseil communal qui devra se prononcer sur la désignation de nouveaux administrateurs pour la Ville au sein du Foyer, nous réclamons :

-         que les administrateurs démissionnaires s’abstiennent de se représenter (en ce compris le président du CPAS qui s’il devait comme on l’annonce devenir président du Foyer louviérois pourrait de surcroît être victime de conflits d’intérêt) ;

-         dans un souci de pluralisme et de transparence, que la représentation de tous les partis de l’opposition au sein du conseil d’administration du Foyer soit assurée (ce qui signifie la désignation d’un administrateur Ecolo) ;

-         qu’un représentant de l’actuel comité des locataires soit désigné au nombre des administrateurs ;

-         que des injonctions claires soient adressées aux nouveaux administrateurs afin qu’ils mettent fin au plus tôt au système de délégation (comité de gestion) qui a posé ses limites, et s’attèlent à la mission première du Foyer : le logement social.

Les locataires sont ainsi toujours en attente de clarifications sur le plan de rénovation des logements. Des gens, nombreux attendent, toujours un logement. Attribués dans la clarté. Et le plus rapidement possible.

Posté par sandro à 11:05 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

salut camarade

quel parcourt...
ferait plaisir de discuter avec toi de face...

Posté par ccil, 04 décembre 2005 à 01:52

slt

ca va ca va

Posté par karim, 11 février 2008 à 23:18

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